Uber : chronique d’un échec annoncé

Contribution Externe, par Ricardo G, doctorant en économie (traduit de l’Espagnol)

Pour un nombre croissant de consommateurs à travers le monde, les services de l’économie dite collaborative sont devenus la norme. Ce nouveau « consensus de Palo Alto » fait que de nombreuses personnes acceptent de travailler sans garantie, sans syndicat, pour le plus grand bonheur des capitalistes possédant la soi-disant collaboration. Y a-t-il pire oxymore que d’être actionnaire de l’économie collaborative ? Il est parfois désolant de voir à quel point les médias se laissent abuser par les mots avant même d’essayer de comprendre le modèle économique.

Crédit photo: Bruce Salzwinski sur Flickr
Crédit photo: Bruce Salzwinski sur Flickr

Il s’agit en effet de la négation même de l’économie collaborative telle qu’inventée par les coopératives agricoles avec succès depuis des décennies. Là où la coopérative agricole vise à développer la réussite du plus grand nombre par le partage des richesses, le consensus de Palo Alto vise à enrichir un patron rendu invisible par les mystères de l’algorithmique.

Le plus rassurant cependant est que les services de type Uber ou Airbandb sont loin d’être efficaces en termes purement productifs et de satisfaction du client. Ils ont tendance à fonctionner comme le banquier de Mark Twain, qui vous offre un parapluie quand il fait beau et vous le reprend quand il pleut. De nombreux récits racontent le désespoir de consommateurs perdus seuls dans la nuit un soir de nouvel an ou d’utilisateurs Airbandb vivant l’horreur d’augmentations de prix inattendues du fait de gouvernements peu coordonnés et de gestion publique peu intéressée au bien de tous.

Comme souvent en économie, le salut viendra de la planification et de l’organisation des masses. De nombreuses initiatives bolivariennes émergent à travers le monde pour fournir un service de qualité non sujet à ce type d’inconvénients. C’est le cas par exemple de la coopérative de transports Los Sauces en Equateur et en Bolivie, qui fourni un service similaire à Uber, mais à prix et service garanti. La raison en est l’organisation réellement coopérative, permettant une meilleure répartition des profits. Le travailleur sachant que la survie de la réputation de la coopérative en dépend préfère sacrifier son nouvel an pour le bien collectif que de le passer en famille mais trahissant ses camarades.

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