Nicolas Sarkozy s’apprêterait à annoncer sa candidature à l’élection présidentielle

[MISE A JOUR: suite au renvoi en procès de Nicolas Sarkozy, l’hypothèse semble avoir été délaissée ]

“Un recours pour la France”. Ces quelques mots rédigés au feutre noir au fond d’un café absolument banal de la rue de Penthièvre à Paris (à quelques pas seulement des bureaux de Nicolas Sarkozy) pourraient constituer un jalon de plus vers un énième retour de l’ex-président Nicolas Sarkozy.

Le document (voir ci-dessous) ressemble à un brainstorming de consultants, une ébauche tout au plus. On parle “d’un groupe de 5 ou 6 hommes”, “âgés entre 30 et 50 ans” et qui semblaient “plein d’enthousiasme”. Impossible à authentifier, il aurait été abandonné sur place à la fin de la réunion. Mais qui abandonne aujourd’hui des feuilles de papier importantes dans un bar ? A l’heure des tablettes et de l’information continue ?

Crédit photo: google maps

Une histoire rocambolesque et difficile à croire, si ce n’était pour les éléments suivants.

La logique du retour

Le document présente les principaux candidats déclarés pour 2017 sur une ligne horizontale de la gauche vers la droite. Les zones séparant les différents candidats semblent se référer aux scores prédits par les derniers sondages. Dans l’espace dédié à droite, la part de François Fillon se réduit suite à “l’affaire Pénélope”, du nom de la femme de l’ancien “collaborateur” de Nicolas Sarkozy, employée (fictivement?) au service de son mari pour près d’un demi-million d’euros.

L’idée serait de présenter la candidature Fillon comme vouée à l’échec, et la France comme courant le risque d’un choix entre Marine Le Pen (“la haine”) ou Emmanuel Macron, inspirateur du programme économique de François Hollande, et décrit comme “le déni”. Difficile de ne pas voir la logique derrière ce raisonnement: face au danger d’un tel second tour, Sarkozy pourrait se présenter comme le seul en position de mener son camp vers la victoire. L’idée serait de s’introduire dans le jeu politique beaucoup plus près du centre, en contre-pied du positionnement à droite toute (surtout sur l’économie) de l’ex premier ministre.

Plus surprenant: le document cite (mais est-ce du bluff?) de possibles scandales à venir pouvant miner les candidatures d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Pour conclure, les mystérieux auteurs prédisent un second tour Le Pen/Sarkozy dont l’issue ferait peu de doute. Principal danger, le risque d’une candidature autonome de François Bayrou qui pourrait “grappiller” quelques précieux points au centre-droit.

Un plan de communication millimétré

Depuis son retour raté des primaires de la droite et du centre, l’ancien président s’est imposé une cure médiatique. Il a cependant récemment commencé à poser les jalons d’un possible retour.

Le 4 Janvier, invité de la radio Europe 1, son fidèle second Brice Hortefeux se refuse à exclure une candidature Sarkozy en 2017. Il annonce que “C’est le destin qui nous mène“, ouvrant de ce fait la porte d’une candidature si une série d’événement fortuits devaient y mener.

La semaine dernière, c’est une autre fidèle, Rachida Dati, qui se lance dans une longue diatribe contre le candidat de son camp. Que ces deux là ne soient pas meilleurs amis n’est pas exactement une nouvelle. Par contre le timing est surprenant. Qui a demandé à Dati de sortir dans la presse à ce moment pour une histoire d’investiture qui ne surprend personne ? C’est un point qui demande à être éclairci.

Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy se construit en quatrième vitesse une stature de Cincinnatus. Difficile pour celui qui a pris l’habitude d’enchainer les grands retours et d’occuper ses périodes d’inactivité par de juteuses conférences? Peut être, mais pour l’occasion il a l’air de s’y tenir. Contre toute attente et toute logique Sarkozy semble se garder en réserve de la république, et souhaite ne s’exposer à aucune critique. Tout au plus remonte-t-il en clin d’œil dans l’actualité, en “Français comme un autre” devant payer une amende pour une banale erreur de code de la route lors d’une promenade à vélo.

Le 25 janvier, le clin d’œil s’accentue, et devient carrément un coup de genou, puisqu’il se permet une incursion dans la presse people, via un reportage hagiographique dans “Gala”. On y apprend qu’il profite de sa famille, est un père modèle et un mari attentionné, mais surtout qu’ “il reste très mysté­rieux sur ses projets et en parle très peu”.

Le même jour, sortent dans Le Canard Enchaîné les révélations sur les rémunérations pour un emploi peut-être fictif de l’épouse de François Fillon.

Alors, secret bien gardé, organisation millimétrée, ou simple série de coincidences ? Si les documents en notre possession sont exacts, on devrait en savoir plus dans les prochains jours.

Le document: ns2017_a / ns2017_b

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *