Trump serait-il finalement de gauche?

Crédit Photo:  (Flickr, Creative Common)

La poussière de l’investiture commençant à retomber, il est peut être temps de regarder l’agenda du nouveau président des Etats-Unis avec un regard différent. Misogyne, mégalomane, twitto-dépendent et enclin à attraper les électrice by the pussy, certes, mais son agenda politique est aussi parfois très proche de ce qu’on entend à gauche sur notre bon vieux continent.

Un anti-mondialiste

C’est le malaise chez les manifestants anti-mondialisation : et si le président le plus haï du moment était en passe de réaliser une grosse partie de leur agenda ? En lisant – sélectivement – le discours d’investiture de Trump on pourrait le croire écrit par Jean-Luc Mélenchon. Et ce ne sont pas que des mots. D’un trait de plume il vient d’enterrer le traité transpacifique qui devait créer une zone de libre échange couvrant 40 % de l’économie mondiale. Et ce ne sont pas ses menaces de tarifs à l’importation envers le Mexique et la Chine qui changeront son image d’opposant radical au libre échange.

Un partisan de la relance par les grands travaux

Directement après son élection et durant son discours d’investiture il a promis d’investir massivement dans les infrastructures du pays qui en ont bien besoin. Ceci peut-être mis en résonance avec l’appel de Montebourg même si celui-ci était assorti d’une considération écologiste évidemment absente chez Trump. Une fois encore un sentiment de malaise nous envahi: pourquoi a-t-il fallu attendre Trump pour voir appliquer une telle politique?

La fin du gendarme du monde

Mais la déclaration la plus importante faite lors de son investiture est quasiment passée inaperçue. En déclarant « Nous rechercherons l’amitié avec tous les pays du monde. Nous ferons cela avec la compréhension que c’est le droit de chaque pays de placer ses intérêts d’abord. Nous n’imposerons pas notre mode de vie, mais nous dirigerons plutôt par l’exemple» Trump annonce de fait la fin de la doctrine dite du « Gendarme du monde ». Et ça c’est énorme. Cela fait plus de cinq décennies que tous les intellectuels de gauche dénoncent l’interventionnisme Américain et réclament sa fin. Pourtant aujourd’hui on ne les entend pas applaudir. Evidemment ça ferait tache d’applaudir un si odieux personnage.

Et l’immigration dans tout ça ?

Je vous entends hurler derrière vos écrans « Et l’immigration ! Vous n’allez pas me dire que la politique migratoire de Trump est de gauche aussi » ? Petite devinette: quels sont les politiciens qui ont dit « Je n’ai jamais été pour la liberté d’installation » ? Ou encore « L’Europe doit dire qu’elle ne peut plus accueillir autant de migrants, ce n’est pas possible.» Indice : il ne s’agit pas de Marine ni de François F.

Vraiment de gauche ?

Devant tant de convergences plusieurs attitudes sont possibles : embrasser le personnage comme un camarade? Impossible. Entrer en déni et fermer cette page. Trop facile et de toute façon ces vérités reviendront vous hanter la nuit; vous rêverez que la perruque orange de Donald est en train de virer au rouge vif .

Peut-être la bonne approche est-elle l’auto-critique et l’introspection. Toutes ces politiques que Mr. T. veut mettre en place sont-elles vraiment de gauche? Prenons la mondialisation. Elle est unanimement dénoncée comme la cause de l’accroissement des inégalités sociales. De récentes études montrent pourtant qu’il n’en est rien et que c’est plutôt le contraire. La mondialisation a permis à des centaines de millions de personne de sortir de la pauvreté. Dans la plupart des pays ayant embrassé la mondialisation, l’écart entre les riches et les pauvres s’est atténué. Rejeter la mondialisation revient en fait à nier aux pauvres des pays en voie de développement une chance de sortir de la misère. Est-ce cela une politique de gauche? Nos politiques de gauche ont-ils vraiment eu le courage de leurs conviction (si tant est qu’ils en ont) pour défendre un modèle humaniste face aux crises migratoires ? Notre amour pour la personnalité et l’aura de Barack Obama ou Hillary Clinton ne nous ont-ils pas poussé à pousser la poussière sous le tapis des guerres et interventions militaires (ne serait-ce qu’à l’aide de drones), y compris les nôtres ?

Je laisse le soin à nos lecteurs d’apporter leur contribution dans la section commentaires de la bonne classification gauche-droite des autres politiques citées dans cet article.

A relire : Le socialisme continue de progresser dans le monde

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