Réfugiés en Allemagne : comment les médias nous mentent

Ces derniers mois, la presse francophone mainstream semble s’être donné le mot : les Allemands, mécontents de la présence massive de réfugiés – forcément criminels – veulent se débarrasser d’Angela Merkel et la remplacer par un « vrai » parti de droite. 

Une leçon pour nos gouvernements tentés d’être trop généreux ou accueillants avec les victimes de la guerre ?

Et bien c’est en réalité complètement faux. Si le parti d’Angela Merkel (la CDU) a bien été écarté du pouvoir récemment dans la région de Berlin, ce n’est pas au profit d’un parti anti-réfugié, mais bien en faveur de partis bien plus à gauche qu’elle. Et de fait, le nouveau gouvernement de Berlin est une coalition de socialistes, verts et communistes. Pas vraiment Marine Le Pen ou Nigel Farage donc.

Loin d’avoir peur de leur ombre, les Berlinois plus nombreux que jamais rejoignent les marchés de Noël fermés une seule journée après le tragique attentat du 19 décembre, pour montrer aux terroristes que l’esprit de Noël, la paix et la tolérance sont bien plus forts qu’un imbécile au volant d’un camion.

Dans les autres régions ayant eu des élections récemment, la CDU d’Angela Merkel est soit resté au pouvoir avec les socialistes, soit y est entré, en coalition avec le parti écologiste. Un tel succès qu’une future coalition fédérale entre Mme Merkel et les verts est aujourd’hui sur toutes les lèvres, depuis la triomphale réélection de celle que les Allemands appellent affectueusement “Mutti” (Maman) à la tête de son parti.

Pourquoi alors les médias francophones nous mentent-ils aussi honteusement ? Ce sont certes les mêmes “experts” qui vous annonçaient un referendum facile pour David Cameron ou une victoire haut les mains d’Hilary Clinton qui vous prédisent aujourd’hui un gouvernement AfD en Allemagne ou un second tour entre François Fillon et Marine Le Pen en France.

Mais c’est aussi probablement parce qu’après avoir été tous plus lâches les uns que les autres et s’être bouchés les yeux et les oreilles quand des millions d’êtres humains ont frappé à nos portes, ils enragent de voir qu’ils perdent élections et referendum les uns après les autres, tandis que ceux qui ont fait preuve d’humanisme et de générosité sont populaires et réélus.

Pour paraphraser Winston Churchill, nos dirigeants ont choisi le déshonneur de renoncer à leurs valeurs humanistes pour éviter de futures humiliations électorales. Ils auront le déshonneur et l’humiliation.

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