Pourquoi les joueurs de football tombent comme des mouches

Tout amateur de football vous le dira : une des plus grandes plaies de ce sport est la propension des joueurs à se rouler au sol pendant la moitié de la partie. Le pire ? Les équipes qui passent le plus de temps au sol sont aussi celles qui ont le plus de chance d’arriver au bout de la compétition.  Et ce n’est pas la victoire du Portugal au dernier Euro qui nous prouvera le contraire.

Les moins jeunes d’entre nous se souviennent pourtant que ça n’a pas toujours été le cas. En 1990 ou 1986, les joueurs passaient l’essentiel de leur temps à jouer au football, et laissaient les déjeuners sur l’herbe pour leurs dimanches en famille.

Pour comprendre ce changement, il faut revenir à 1994. Cette année, la coupe du monde a lieu aux Etats-Unis, un pays où le public est plus habitué aux scores 96-84 de demi-finale de play-offs de la côte Ouest qu’aux 0-0 typiques d’un Grèce-Italie un soir d’automne. Pour rendre la compétition plus attractive au pays de l’oncle Sam, la FIFA décide de tenter une réforme pour rendre le jeu plus attractif. Inspirée par les principes du management (déjà appliqués en Angleterre) selon lesquels augmenter la part variable de la rémunération rend les employés plus productifs, l’instance suprême du football décide de changer la manière de comptabiliser les points.

Avant la réforme : la victoire rapportait 2 points et le match nul 1 point. Depuis la réforme mise en œuvre en 1994 et appliquée dans presque tous les championnats la victoire rapporte 3 points. De quoi rendre les matchs plus passionnants et augmenter le nombre de goals ? En fait, pas du tout. Comme démontré par une étude sur la le championnat espagnol (La Liga), l’effet s’est en fait avéré complètement contre productif. Non seulement les matchs ne comptent pas plus de goals, et même pas moins de match nuls, mais les joueurs passent beaucoup plus de temps à ralentir le jeu, commettre des fautes inutiles ou se rouler par terre en simulant la douleur.

Credit photo: Paul sur flickr

Morale de l’histoire ? Quand on veut inciter les travailleurs à fournir plus d’efforts en augmentant les différences entre les « gagnants » et les « perdants », c’est le spectateur (ou l’économie) qui se retrouve perdant.

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *