Pour les Français, le port du foulard est plus problématique que la peine de mort ou l’adultère

La France, pays de valeurs, est intransigeante pour les défendre et aime la rappeler aussi souvent que possible. Au point certes d’être parfois un peu tatillonne sur l’Islam, mais c’est au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes, de l’humanisme et du sacro-saint buste de Marianne et de son téton découvert. C’est en tout cas ce que de manière presque unanime la presse et le monde politique hexagonal nous racontent de jour en jour.

Buste de Marianne, téton à découvert

 

Il suffit pour s’en convaincre de voir la succession de unes de presses consacrées au sujet, de regarder les débats électoraux de primaire de droite en primaire de gauche. Et de savourer les subtils surnoms visant à discréditer “Ali Juppé“, “Farid Fillon” ou “Bilal Hamon“.

Ce n’est donc pas une surprise de lire que 63% des Français sont opposés au port du foulard islamique. On ne parle pas ici de Burqa, de foulard dans le service public, à l’école ou même à l’université. Non, simplement d’une position de principe, somme toute générale. Quand on a le “nez dans le guidon”, il est facile de rentrer dans le débat, de se poser la question du pour et du contre, des droits de la femme et de la liberté individuelle. Mais il est aussi intéressant de se rendre compte à quel point cette obsession de l’Islam en devient grotesque quand on compare la question du foulard à celle d’autres sujets de société.

Des femmes voilées sur les champs élysées. Crédit photo: zoetnet sur flickr

 

Par exemple, 47% des Français considèrent que l’adultère n’est pas moralement acceptable. Ce qui veut donc dire qu’il y a près de 15% de Français en plus à considérer que porter le foulard pose problème, qu’à considérer que tromper sa femme ou son mari n’est pas glorieux en termes de principes. Bien sur, le libertinage, la joie de vivre rabelaisienne et le troussage de domestique font partie de la tradition française. Mais on parle aussi d’un pays où plus d’un million de personnes peuvent défiler dans la rue au nom de la famille traditionnelle, contre le mariage gay.

Sur une autre question, seuls 48% des Français sont opposés au rétablissement de la peine de mort. Ce qui fait 15% de différence avec le foulard Islamique. Et ce alors que la dernière exécution capitale en France, celle d’un ressortissant tunisien, date de 1977.  Le sondage ne nous dit pas si la lapidation est vue comme acceptable. Mais il nous dit beaucoup de choses quand à l’ordre d’importance donné aux différentes valeurs de la république.

Un objet bien plus consensuel que le foulard au pays de Voltaire

 

Enfin, seuls 64% des français considèrent que le sexe sans consentement n’est jamais acceptable. Ce qui veut dire qu’il est justifiable par le fait que par exemple le (ou plus souvent la) partenaire soit notre compagnon/compagne, soit en état d’ébriété, ou soit habillé(e) de façon provocante. Soit un petit pourcent de plus que le port du foulard. Clairement dans la marge d’erreur.

C’est certes provocateur, mais comparer ces deux enquêtes donne envie de tirer la conclusion suivante: pour les Français, le viol n’est pas plus problématique que le port du foulard.

Un dernier chiffre rassurant ? Si les Français sont particulièrement tolérants par rapport à l’adultère, c’est très clairement aussi le cas de ceux de confession musulmane, puisque 55% des hommes Parisiens musulmans hétérosexuels reconnaissent avoir déjà trompé leur compagne.

 

Credit photo: patrick janiceck, Denis Bocquet et fvanrenterghem sur flickr

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