Les étranges fantasmes homosexuels de la CIA

L’histoire se passe en 1985, mais les documents n’ont été dé-classifiés que depuis peu par l’agence de renseignement Américaine.

A l’époque, l’homosexualité est très loin d’être acceptée au sein des agences de renseignement. Comme le spécifie l’introduction du document, “l’activité homosexuelle adulte” (la CIA a l’air de considérer l’homosexualité adolescente comme normale) “est considérée comme une raison adéquate pour licencier immédiatement un employé de l’agence de sécurité”. La raison ? Les homosexuels seraient plus sensibles au chantage, mais pas seulement, puisque l’homosexualité indique “une déficience de caractère statistiquement incompatible avec la réalisation d’une carrière à la CIA”.

Jusqu’ici tout allait bien dans le meilleur des mondes homophobes: les homosexuels dehors, les hétérosexuels dedans. Jusqu’à l’arrivée du polygraphe, le détecteur de mensonges mesurant les réactions émotionnelles des individus. Et là, catastrophe, passant ses agents au peigne fin de la machine nouvelle, les pontes de la CIA se rendent compte qu’un grand nombre d’entre eux, bien que “parfaitement hétérosexuels” ont tendance à avoir des fantasmes gays et lesbiens.

Les extraits anonymes sont souvent émoustillants. Mademoiselle A se rappelle avec plaisir 10 secondes de baisers passionnés avec une étudiante l’année de ses 17 ans et se demande si le fait d’éprouver une excitation sexuelle à ce souvenir devrait l’écarter de ses fonctions d’agent secret. Monsieur B, membre d’une congrégation religieuse des plus strictes, s’est masturbé dans un magasin de livres pornographiques à la vue d’un pénis en érection. Est-ce compatible avec un poste de technicien ? Monsieur C, titulaire d’un doctorat, a rêvé plusieurs fois de pratiquer une fellation. Mademoiselle D reconnaît avoir quelques papillons dans le ventre à la lecture des histoires de sado-masochisme lesbien publiées dans Playboy.

L’expert commissionné par l’agence, se rendant compte que les services secrets américains sont la véritable antichambre de Sodome, termine sa prose en concluant qu’il est plus que nécessaire de passer tous les futurs candidats au test du polygraphe afin de connaître leurs fantasmes sexuels avant de risquer de leur confier des secrets d’État.

Et si au fond, la carrière d’agent secret, les renversements de régimes, les longues séances de musculation entre amis, n’était pas au contraire particulièrement compatible avec l’homosexualité ?

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