Incroyable mais vrai : Le porno amateur pour redynamiser les lieux touristiques

C’est devenu une habitude : des couples filmés volontairement ou à leur insu en train de faire des galipettes dans des lieux publics pullulent sur le Net. Souvent, ils font le “buzz”. Mais ce qui a priori était cantonné aux rubriques « Faits divers » ou « mœurs » des médias intéressent désormais sérieusement économistes et spécialistes du marketing pour une raison incroyable qui dépasse de loin le simple voyeurisme : Scoop à découvrir !

Prenez les endroits touristiques a priori les moins sexy comme le musée communal de Herstal (Belgique) ou celui de la Ligne Maginot (Est de la France), tournez-y quelques minutes (voire secondes )de vidéo à caractère érotique ou pornographique et constatez par vous-même… le public est de retour.

 

Ligne Maginot, avant et après

Ce n’est désormais plus tabou, le porno amateur dans les lieux publics ou privés à faible ou forte fréquentation contribuerait à populariser ces lieux-dits.  Derniers exemples en date : en octobre 2016, un couple se filme à Walibi en train de littéralement comme littérairement s’envoyer en l’air. Si la vidéo, qui a fait un carton sur le net, a désormais été retirée sur la demande des autorités du parc d’attraction (REF), pourtant, il est apparu qu’elle a donné un regain au parc d’attraction en forte baisse de fréquentation (comme dans toute la Belgique). Autre exemple encore plus récent avec une vidéo tournée dans une Église de Tilburg (Pays-Bas) qui connaît un regain de fréquentation (de fidèles ou de simples curieux).

Capture d’écran de film amateur tourné à Walibi

Bref, ce qui, à la base, s’annonçait comme une mauvaise pub semble s’être transformé en véritable campagne publicitaire pour le lieu. “C’est dingue comme le porno circule vite, s’exclame un employé de Walibi qui a souhaité garder l’anonymat. A peine quelques jours après la diffusion de la vidéo, les gens en parlaient dans la file de l’attraction concernée, prenaient des photos et reproduisaient, sans aller aussi loin bien sûr, des mimiques des acteurs du film“.

Une des attractions reprise au “casting”

La Belgique se souvient très bien  du “Towergate“, lors de laquelle la bourgmestre de la ville d’Alost, Ilse Uyttersprot, a été filmée en pleins ébats au sommet d’un minaret tunisien. Datant de 2011, cette affaire s’est finalement terminée, d’après un employé de la maison communale, sur une note sympathique pour la classe politique belge et l’attrait soudain pour le minaret d’El Jedoun en Tunisie. “Simple halte entre les principaux sites touristiques de Sousse et Kairouan, le film, ou plutôt les quelques images, ont contribué a retenir les gens en ville un peu plus longtemps, contribuant par la même à redynamiser les commerces et restaurants locaux. Bref, un mal pour un bien in fine“, confesse Karim Bouhazad, adjoint à l’office du tourisme de Kairouan.

Ilse Uyttersprot et l’affaire du “Towergate” en Belgique

La liste des exemples est encore longue, mais la question a le mérite d’être posée : le porno amateur, un nouveau Business Model en perspective ?

 

Risque limité

Concernant le risque de « Bad Buzz », passé une courte période de surprise suite à la diffusion de ladite vidéo et d’une condamnation de principe de la part des propriétaires du lieu concerné (qui se retrouveront dans leurs frais très rapidement), celui-ci a drastiquement diminué avec les années. Aussi bien l’Imam d’El Jedoun que le prêtre de Tilburg, dont les lieux de culte ont servi de “lieu de tournage” n’ont pas souhaité porter plainte. Il est devenu une évidence que le porno amateur s’est de plus en plus démocratisé et est accepté dans les mœurs de l’époque.

 

 

Un rendement hollywoodien pour un budget ridicule

Quand on connait le coût d’une campagne médias « classique » avec ses tournages vidéos, sa promotion « papier » ou « web », le montant final de la note peut rapidement dépasser la barre des centaines de milliers (voire millions) d’euros pour une simple publicité. Mais lorsque l’on compare les chiffres avec une réalisation de type porno amateur, il ne faut guère plus qu’un téléphone moyen de gamme équipé d’une caméra, entre 2 personnes (pour un film type « selfie »), 3 personnes (tournage « classique ») et 4-10 personnes (en fonction du type de pratique sexuelle), soit bien moindre qu’une simple campagne publicitaire papier. Après le buzz sur les réseaux sociaux fait le reste.

3 personnes, c’est le nombre de RH nécessaires à la réalisation du film tourné à Walibi

Lorsque l’on sait qu’un film hollywoodien à grand budget peut attirer plusieurs millions de spectateurs, et qu’une vidéo porno amateur faisant efficacement le buzz peut en faire autant, même pour des petits pays comme la Belgique ou le Luxembourg, l’audience étalée sur plusieurs mois est finalement assez comparable, mais de nouveau, avec des budgets bien plus réduits pour la seconde (Par exemple, le budget pour  Star Wars : Rogue One est de 175 000 000 € et seulement de 87 € pour le film de Walibi, tickets d’entrées compris). Calculez le rendement sur investissement : la différence est colossale.

Du coup, comme pour un tournage hollywoodien, les lieux de prises de vues peuvent potentiellement devenir des sites à vocation touristique intéressant. Prenez les régions de Tataounie et Matmata en Tunisie (Star Wars), Ouarzazate au Maroc (Gladiator, Mission Cléopâtre, Kingdom of Heaven), ou encore le nord de l’Irlande (Game of Thrones, Lord of the Rings) dont leur atout touristique est principalement basé sur les visites des lieux de tournages de films devenus cultes.

La Tunisie (Star Wars) et l’Irlande (GOT) sont passées maîtresses dans l’art de valoriser leur patrimoine cinématographique

Plus près de chez nous, on peut comprendre que des régions a priori exclues des circuits touristiques traditionnels comme le Hainaut (Belgique), la Nièvre (France) ou encore les Terres Rouges (Luxembourg) pour ne citer que les plus connues, se prennent à rêver à décrocher la nouvelle poule aux œufs d’or, avec un budget minimum, mais des retombées économiques maximum pour ce nouveau genre de films cul(tes).

Entre Game of Thrones et une scène amateur, les budgets ne sont pas les mêmes

 

NDLR : N’hésitez pas à partager avec nous vos expériences ou cas similaires rencontrés

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