François Fillon et le mystère de l’hydroptère

François Fillon a reconnu aujourd’hui s’être fait offrir une montre par Alain Thébault, l’inventeur de l’hydroptère. A LPI, on n’aime pas les ragots, les fake news et la diffamation. Nous resterons donc les plus simples et le plus factuels possible pour permettre à nos lecteurs de se faire leur opinion propre.

C’est en 1993 qu’on voit pour la première fois le ministre Fillon engager l’état en faveur du projet d’ « hydroptère », une sorte de bateau volant, en compagnie de Serge Dassault, sénateur LR et récemment condamné pour fraude fiscale. Le groupe Dassault aviation ayant toujours été lié de très près à l’état français, cette participation n’était bien entendu pas celle d’un investisseur privé anodin. Un an plus tard le prototype se crashait en mer, et avec lui l’argent investi.

François Fillon et Serge Dassault signent le contrat de l’hydroptère en 1993. Source et (c) hyroptere.com

Ce n’était cependant que partie remise. En 1999, le même François Fillon convoque industriels et autres obligés de l’Etat pour relancer le projet. A nouveau, aucune mention du montant des aides directes et indirectes perçues. Libération relate:

“François Fillon, qui avait été à l’origine du lancement de l’hydroptère lorsqu’il était ministre de la Recherche en 1993, réunira dans les semaines qui viennent les principaux capitaines d’industrie intéressés par ce projet pour constituer un nouveau tour de table et ainsi relancer la machine.”

Le journal de Serge Dassault, “Le Figaro”, écrit à propos de la notion de conflit d’intérêt:

“Les conflits d’intérêts peuvent se rencontrer au gouvernement, parmi les parlementaires, dans la fonction publique comme dans le secteur privé. Ils ne se réduisent pas à des infractions démontrées, c’est-à-dire à des actes pénalement répréhensibles comme le favoritisme, le trafic d’influence ou la prise illégale d’intérêts. Toute situation qui peut susciter un doute raisonnable sur l’impartialité et l’indépendance d’un professionnel, même à tort, expose celui-ci au reproche de conflit d’intérêts.”

Quand à nous, nous nous contenterons d’énoncer les faits suivants: durant plus de dix ans, François Fillon s’est, à titre public et en utilisant les ressources de l’Etat, investi dans le projet “hydroptère”. François Fillon a reconnu avoir reçu, à titre personnel, un cadeau de la part de l’inventeur de l’hydroptère. Une série limitée éditée à 500 exemplaires, et d’une valeur de 6000 euro. Soit plus de 5 SMIC net tout de même.

Dont acte.

[mise à jour du 26 mars: certains lecteurs s’interrogent sur le fait que l’article semble décrire l’hydroptère comme un échec. Ce n’est absolument pas notre objectif, nous relatons le premier crash pour la simple raison qu’il justifie le second tour de table organisé par François Fillon. Nous souhaitons faire un article court et factuel sur le sujet du conflit d’intérêt, pas sur l’hydroptère en tant que tel et ses éventuels succès et échecs.]

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