Comment votre chat peut sauver la planète

Nous sommes en train de vivre la 6e extinction massive d’espèces vivantes sur notre terre. A la différence que l’homme en est cette fois-ci le principal responsable. Vous souhaitez effectuer un geste concret et vraiment utile pour contribuer à votre niveau à la lutte contre la disparition des animaux ?

Voici ce qu’il vous reste à faire : Débarrassez-vous de votre chat !

Comme la majorité des gens, vous êtes déprimés à l’idée d’assister impuissant à la disparition de milliers d’espèces, dont certaines tout juste découvertes , voire encore inconnues. Que faire ? Vous avez arrêté depuis longtemps d’acheter de l’ivoire ou des os de tigres (faute de budget, de place dans votre appartement ou grâce à votre sexualité épanouie), vous avez déjà légué votre héritage au WWF et vous êtes même devenu végétarien ? Bravo ! Mais vous pouvez poser un geste bien plus simple et porteur de résultats pour l’avenir de la planète. Débarrassez-vous de Minet ou évitez au moins d’en adopter un nouveau, même s’il est trop mignon.

Votre meilleur ami, leur meilleur ennemi !

Rarement évoquée, toujours taboue, cette solution considérée comme inutile ferait pourtant beaucoup de bien aux millions d’espèces qui tentent de survivre, même loin de l’humain. Tous les coins de Terre colonisés par l’homo sapiens l’ont également été très peu de temps après par les chats et les chiens, intimement liés à l’homme.

Et comme vous vous en doutez chaque fois que vous voyez votre plus fidèle compagnon ramener un oiseau ou un lapin mort, l’expansion des animaux de compagnies dans une zone donnée s’accompagne d’un génocide animalier pour les espèces locales. Et rien ne semble changer : dans le monde entier, les chats sont une espèce envahissante.  Aux Etats-Unis, des voix comme le célèbre auteur Jonathan Franzen s’élèvent contre cette disparition massive et silencieuse des espèces dans l’indifférence totale. « A quoi bon mettre des graines pour oiseaux en hiver si vous avez un chat ? s’étonne-t-il. C’est un non-sens. Vous offrez juste le dessert à votre chat après que celui-ci ait fini sa pâtée maison ».

Portrait non-exhaustif des victimes courantes des animaux de compagnies

Si l’argument fait sourire, c’est moins drôle d’apprendre que parmi les espèces en danger d’Amérique du Nord et d’Europe, les chats font des ravages. Des espèces endémiques non moins mignonnes qu’un panier de chatons comme le cardinal rouge, ou le râle gris de Californie, la petite sterne ou encore le pluvier siffleur sont en voie de disparition sur le continent américain. Chaque année, dans le seul État du Wisconsin, ils sont tués par millions par les chats.

Il y a quelques années, dans la région de Washington, une étude avait montré que tous les jeunes oiseaux, dès qu’ils quittent le nid, sont mangés par les chats.

Ces petits râles gris doivent rester cachés pour éviter les chats domestiques

Minou responsable de la destruction de l’habitat ?

Lorsque l’on parle du terme flou « perte d’habitat », l’on pense généralement à la déforestation, l’agriculture ou le développement minier. Mais l’étalement de l’habitat de l’homme (et de ses animaux de compagnies) sur celui d’autres espèces est dans bien des cas, et particulièrement en Europe et en Amérique du Nord, le principal responsable de la perte de biodiversité.

Éclatement du territoire naturel au profil des banlieues pavillonaires

Il faut savoir que bon nombre de mammifères et d’oiseaux y ont évolué en l’absence de prédateurs de la taille d’un petit félin. Ils nichent au sol, et n’ont aucun moyen de se défendre contre une espèce envahissante qui les fait sauter en l’air avant de les décapiter. A Hawaï, en Australie, dans les îles Chatham et en Nouvelle Zélande, entre autres, les chats ont mis en danger et fait disparaître plusieurs espèces d’oiseaux. Morgan fait remarquer que 40% des oiseaux terrestres néo-zélandais ont désormais disparu, et que 37% des espèces survivantes sont menacées d’extinction. Faites le calcul pour la Nouvelle Zélande : 40% + 37% = presque 100%. Beau score pour le plus petit des félins.

Vous le savez également très bien : Que fait un chat lorsqu’il part en balade ? Il tue, c’est son instinct. Avec en moyenne une à deux victimes par jours, faites le compte, vous n’êtes pas loin du millier de victime par animal par an. Avec une espérance de vie de 15 ans, vous êtes à 15 000 victimes rien que de la part de « Poupouss » au regard si mignon. Avec environ 7.3 millions d’animaux de compagnie (chats et chiens) en 2015, les spécialistes peuvent dénombrer jusqu’à 7  300 000 000 de victimes par an, dont les principales ne sont pas les rats ou les souris, mais bien oiseaux, lapins, écureuils et autres espèces déjà en voie de disparition. Un génocide écologique. Et c’est sans compter les coûts environnementaux indirects (nourriture, déjections, déchets…) qui s’ajoutent.

Finalement vous auriez mieux fait d’acheter une belle corne de rhinocéros à exposer sur votre cheminée au lieu de prendre ce chaton au regard si mignon…  Mais qui serait prêt à se passer de Médor ou Minet au nom de la préservation de l’environnement ? Pas Brigitte Bardot, ça c’est sûr…

Conseil de lecture :

Cat Wars:
The Devastating Consequences of a Cuddly Killer
Peter P. Marra & Chris Santella

Hardcover | 2016 | ISBN: 9780691167411
216 pp. | 6 x 9 | 24 color photos.

Crédits photos : Beth Coll Anderson & James Havard via FlicR, U.S. Fish and Wildlife Service Headquarters, Wiki Commons

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