Crottes de chien dans la ville: ce qu’en dit la science

Tous les citadins le savent, à l’exception de la voiture, les deux plus grands ennemis d’une vie saine en ville sont les déjections canines et les crottes de pigeon. Un débat parfois virulent, puisqu’à Dallas, au Texas, on déplore la mort de plusieurs personnes suite à une fusillade entrainée par un conflit au sujet de déjections canines.

Les déjections canines font partie de la vie citadine

 

Là où en termes d’esthétique et de pollution olfactive, le débat reste ouvert et dépend des préférences de chacun, une très sérieuse étude de chercheurs de l’université de Miami permet de quantifier l’impact respectif des différentes déjections en termes de microbes et bactéries toxiques.

Les scientifiques ont consacrés de nombreux mois d’études sur les plages de Floride à mesurer la toxicité des différentes crottes présentes, et notamment de pigeons, de chiens et … de crevettes. Sur cette plage d’1.6km de long, ils ont en particulier attiré leur attention sur une zone de 360m fréquentée par les familles et les enfants (voir illustration ci-dessous).

Le terrain d’étude des chercheurs (source: Wright et al, 2009)

 

Les résultats de leur fastidieuse collection (voir table ci-dessous) sont sans appel pour nos amis canidés. Il faut 6940 crottes de pigeons pour atteindre le niveau de toxicité pour l’homme et la nature contenu dans une crotte de chien et…. 320 millions de déjections de crevettes (cependant beaucoup plus rares dans nos villes).

Les résultats de toxicité (source: Wright et al, 2009)

 

C’est donc une victoire morale pour le pigeon, dont la prolifération en ville est cependant déjà la cause de nombreuses maladies et dégâts pour l’environnement, mais aussi pour les défenseurs des chats (à propos desquels un vif débat continue de faire rage dans nos colonnes).

Le chien reste donc un plus grand danger pour la santé de nos enfants, quand ses déjections ne sont pas récupérées immédiatement pas leurs maitres. Tout un champ de la recherche en psychologie est d’ailleurs consacré à ce phénomène, et en particulier à comprendre comment éviter que des enfants ne rentrent en contact avec les dites déjections ainsi qu’avec d’autres objets et nourriture contaminés par elles. Qui n’a pas soupiré en voyant un enfant jouant joyeusement avec une crotte de chien où léchant avec enthousiasme un morceau de métal contaminé ?

Une autre victoire morale, cette fois pour vous lecteur : Quoi que vous ayez fait aujourd’hui il est fort probable que votre métier soit plus sexy que celui des chercheurs de l’université de Floride qui ont des mois durant ramassé des crottes de chien pour la science.

Crédit photo: Rob! et dumbonyc sur Flickr

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