« Carrément j’hallucine » détrône « Allah Ackbar » comme expression bruxelloise la plus populaire

Lors de notre baromètre annuel « La mixité, clé du bien-vivre ensemble », nous avons répertorié les expressions les plus souvent prononcées sur le territoire de la région bruxelloise en 2016. Et… surprise de taille, cette année, c’est définitivement bien le « Carrément j’hallucine » qui détrône l’expression religieuse « Allah Akbar ». Explications.

Ce n’est désormais plus une source d’étonnement que d’entendre une partie de la population bruxelloise halluciner sur à peu près tout et n’importe quoi. « J’hallucine carrément sur le prix d’une caricole », entendu récemment rue des bouchers, ou encore « Heï ket, ton pet me fait carrément halluciner », entendu à la Pride 2016. Et le baromètre d’affirmer que l’augmentation de la population d’origine Française n’a pas qu’un effet sur la hausse des loyers ou des magasins bio, il est désormais scientifiquement prouvé que les autochtones adaptent rapidement leur langage face aux nouveaux venus, spécialement chez les plus jeunes.

 

Petit verre entre amis au coin de la rue

Du coup, le populaire « Allah Akbar » perd du terrain, puisqu’il n’est plus prononcé que lors des prières, une à 5 fois par jours selon les pratiquants, essentiellement en milieu fermé comme les mosquées ou autres salles dédiées au culte. La communauté arabophone ayant pris conscience des tensions que ces termes pourraient engendrer s’ils venaient à être prononcés en rue, celle-ci a donc pris la décision d’en modérer l’usage afin de privilégier le bien-être ensemble. A l’inverse, l’impérialiste « Carrément j’hallucine » triomphe en tête de classement car porté par son importante communauté originaire d’outre-Quiévrain (55.000 âmes) et la proximité culturelle avec la langue de Napoléon. De plus, celui-ci peut être prononcé à tout moment, de la sonnerie du réveil-matin au PV trouvé sur son pare-brise en rentrant de soirée. Cette expression dite « de rue » continue de se populariser dans tout Bruxelles, même si pour le moment elle est essentiellement entendue au Sud du canal. Mais pour combien de temps encore ?

Le marché “bio” de la place du Châtelin aux prix faisant “halluciner” les locaux

La loi du 1er  et attrait historique de l’orientalisme

On se souvient tous du tollé suscité par le fait que « Mohamed » était le premier prénom donné à Bruxelles (jusqu’à ce qu’il se fasse détrôner par le prénom du premier homme, Adam, largement utilisé dans la communauté polonaise). Mais c’était sans compter qu’une majorité de la population de culture musulmane a pour habitude courante d’appeler leur premier né garçon du nom du prophète, ce qui a créé, par cette faible diversité, une absence de diversité de prénoms et donc une distorsion dans les statistiques au profit de Mohamed. Un peu comme si tous les premiers nés d’origines catholiques s’appelaient Joseph ou Jésus. Il n’empêche qu’une analyse approfondie nous montre que si les Charles-Edouard et les Guillemette (ainsi que leur propension à carrément halluciner à toute occasion) reviennent en force sur Bruxelles, nombreux sont les Mohamed hexagonaux à se cacher dans la population bruxelloise. Ce serait sous-estimer l’attrait historique pour l’orientalisme français. Saviez-vous que, pour la France, l’islam est une grande inconnue très familière qui ne date pas d’hier… mais de 1142. À l’époque, Pierre le vénérable, abbé de Cluny, décide de faire traduire le Coran en langue européenne (le latin) pour la première fois de l’histoire. Ce choix marque le début d’un dialogue à bâtons rompus entre deux cultures et le commencement d’un renouveau de la pensée européenne.

Statue de Pierre le Vénérable

Cet intérêt se traduit aujourd’hui par l’arrivée des nombreux Mohamed Lecoutre, Fatima de la Hesbière et autres Hakim Venisieux qui semblent montrer plus de motivation à « halluciner » sur la mauvaise qualité du Wi-Fi du bar Belga que de se pencher sur la marche du monde aux côté de Mahomet. D’où la modification du classement de notre baromètre 2016.

« Amaï » et « fieu » juste derrière « casse-toi pauv’ con » : Quels effets sur les locaux ?

D’après le baromètre, les expressions belges et brusseleir continuent leur dégringolade dans le classement, au point de retrouver seulement en 24e et 25e positions « Amaï » et « Fieu » juste derrière la non moins célèbre citation (ex-ex-)présidentielle « Casse-toi pauv’ con », devenue courante lors des heures de pointes sur les petites et grandes ceintures. Ce bouleversement linguistique entraîne à l’inverse des montées d’expressions populaires locales comme « Lasne ou Tubize, lequel est le moins cher ? » ou encore plus cyniquement « Waterloo, ça ne vous rappelle rien ? » qui prennent toutes les deux respectivement +5 et +18 points.

Certaines expressions comme “Waterloo” restent encore imprononçable pour une partie de la communauté

Des exemples qui peuvent apparaître insignifiant mais qui témoignent d’un malaise grandissant au sein de la population bruxelloise face aux migrations culturelles provenant du Sud de Givet et de Mouscron.

Evolution à suivre.

 

Photos : Myrabella / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18421730 & via FLickR

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